mardi 28 avril 2015

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L’ouvrage "Airs salés" est disponible chez Edilivre

mercredi 22 août 2012

Sacré Tonnerre

Début juillet 2012 est décédé Michel TONNERRE.
 Enfant de Groix, auteur talentueux, il est à l’origine de nombreux chants de marins.
 Ces quelques mots lui sont dédiés.

Groix peut pleurer, sacré Tonnerre.
son vieux pirate un peu bourru,
frère de la côte, marin poète,
le grand Michel, a disparu.

De Macao à La Barbade,
Iles lointaines et caboulots,
Par ses refrains et ses audaces
Chantait la vie des matelots.

Le vent est bon, sacré Tonnerre.
Comme tu savais saisir l’instant,
Et par l’esprit de la bourlingue,
Tu écumais tes océans.

Tu es parti, sacré Tonnerre.
En nous laissant un beau sillage,
T’es parti pour le grand voyage,
Celui dont on ne r’vient jamais.

Mais t’as laissé, sacré Tonnerre,
Une bordée d’rimes au fond des coeurs.
Le p’tit garcon ou bien Talberg,
Le gabier noir ont nos faveurs.

Nous n’t’oublierons, sacré Tonnerre,
Et nous boirons à l’amitié.
Nous viderons, face à la mer
Un quart de rhum à ta santé.

samedi 10 décembre 2011

Jean de Crabosse

Jean de Crabosse n'a pas d'bateau,
Ne peut voguer au gré des flots.
Il fait voguer dedans une mare
Des vaisseaux de papier buvard

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, par monts par vaux
Bat la campagne et les hameaux.
Demande dans des endroits bizarre
"Qui voudrait larguer les amarres ?"

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse a trois mat'lots
Qui n'ont jamais vu un bateau.
Les deux premiers sont cabochards,
Le troisième nage comme un canard.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse arm' un canot
Pour faire la chasse aux nobliots
Qui, se croyant de vieux briscards ,
Arpentent le pont de leurs flambarts.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse a pris vaisseaux
Au large des grands cardinaux
Et c'est sous les feux de Goulphar
Qu'il a pris d'assaut les fuyards.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, les amiraux
T'honorent de gestes amicaux,
Te disent qu'ils marchent sur tes traces,
Et comme toi mènent la chasse.

Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n'a peur de rien

Jean de Crabosse, tu ne crois guère
Que tous ces forbans soient sincères.
Tu es breton et ligérien.
Un "de Crabosse" n'a peur de rien

dimanche 6 novembre 2011

Les goualants

Nous sommes chanteurs de sornettes.
De tant de vies sommes les goualants,
Bardes d’Armorique louant la terre
Qui a portée tant de printemps.

Au chant classique n'empruntons guère
Que ritournelles et contre-chants
Et si tuilons parfois nos vers,
C'est au nom du kan ha diskan.

Disons vos craintes par mots couverts,
Aussi vos joies ou vos serments.
Travaux des champs, murets de pierres,
Vie des villages sont nos diamants.

Chantons aussi les gens de mer:
Rimes à virer au cabestan,
Chansons des ports, chants de la mer,
Complaintes du gaillard d'avant.

Pour vos plaisirs chantent les trouvères,
Pour leur plaisir également,
Aux traces d'un dénommé Tonnerre
Qu'ils saluent ici humblement.

lundi 30 mai 2011

Bonnets rouges, bonnets bleus

Craignez bien le poher en feu,
Et la révolte des bonnets rouges.
Tout le pays bigouden bouge,
C'est la révolte des bonnets bleus.

Messire le roi veut du papier,
Et que celui-ci soit timbré.
Il faut là-bas pour la Hollande
Toujours tant et plus de deniers.

Nous étions cent, nés de Spezet,
Marchant au cri de "torr e ben".
Tombe la quévaise des monts d'Arrée,
Les droits de champart et corvée.

Avons marché vers la grand place,
Vers l'étude du notaire Porcher.
Avons mis la maison à sac,
Avons brulé de beaux papiers.

Dites bien au Duc de Chaulnes
Que ses canons sont enlevés.
Dites aussi à Montgaillard
Que son château a bien brûlé.

Sachez qu'ici, en basse Bretagne,
Les paysans sont révoltés,
Et que la révolte a grondé
Du Poher à Pont l'Abbé.

mercredi 9 mars 2011

Ecoute bien petite

Écoute bien petite
Le clapotis des vagues
Le bruissement du vent,
Soufflant sur ce pays.

Si tu sais l'écouter
Si tu veux bien l'entendre
Tu sauras des histoires
Venant du fond des temps.

Il te dira comment
Soufflant sur les campagnes
Il caresse les landes
Agitant les ajoncs.

Et balayant la mer
Il gonfle quelques voiles
Poussant de frêles esquifs
Plus loin que l'horizon.

Il te dira aussi
Qu'en ses grandes colères,
Il peut sous ses assauts
Déchaîner l'océan.

Mais le vent aujourd'hui
N'est pas d'humeur guerrière
Et n'a pour ambition
Qu'embaumer le printemps

dimanche 20 février 2011

Marionnig

Du fond de ma mémoire
je vous fais partager
l'histoire d'une brigande
native de Porz en haie.
En des temps de misère
au coeur du morbihan
naquit une fillette,
future chef de clan

Diwallet doc'h, mar he c'havet
Marionnig hag er Faouet

parmi les herbes folles,
elle a grandi pourtant,
parcourant les campagnes
et les marchés d'antan.
vendant au fil des jours
parures pour beaux atours,
et proposant céans
aussi laines et rubans.
Diwallet doc'h, mar he c'havet
Marionnig hag er Faouet

si quelques voleries
elle a commises pourtant
dépouillant les bourgeois
et même les marchands,
tenant maison ouverte
hôtel des trois piliers,
d'aider les opprimés
n'a jamais refuser.
Diwallet doc'h, mar he c'havet
Marionnig hag er Faouet

Dans une rue de Nantes
elle croisa son destin
mais ce fut à Quimper
qu'on prononça sa fin.
Des juges l'ont dit à pendre,
à pendre et torturer.
Jamais elle n’avoua,
mais elle fut condamnée.
Diwallet doc'h, mar he c'havet
Marionnig hag er Faouet

Ce fut un grand malheur,
pour les petites gens,
qu'occise soit ainsi
la compagnie Finefont.
De toute son histoire
elle n'a versé le sang.
Elle avait nom Marion,
retenez bien ce nom.
Diwallet doc'h, mar he c'havet
Marionnig hag er Faouet

Bibliographie:
 LOREDAN J;La grande misère et les voleurs au XVIII siècle, Marion du Faouët et ses "associés";Librairie académique PERRIN et Cie;1910; disponible sur gallica
 Trévédy J;Marie Tromel dite Marion du faouët; in Bulletin de la société archéologique du Finistère;mai 1884; archives départementales du Finistère

jeudi 4 novembre 2010

Le traict salant

Au creux des dunes d’Escoublac,
loin des regards, dans les halliers,
dort un village loin du ressac
du tombolo. Marais salés.

Au fil des ans les dunes avancent
et rongent peu à peu le marais.
La bôle se comble sous l’influence
du tombolo. Mares ensablées

Au coeur des dunes de la baie blanche,
sous la plus grande, dort un pierrier
de maisons basses de pierres de France.
Le tombolo les a comblées.

Au creux des pins du bois d’amour
résonne encore un vieux clocher.
Il sonne encore, il sonne toujours,
salue le village ensablé.

Que le drapeau semé d’hermines
claque au vent du traict salant.
La fasce à l’onde d’azur
clame la Loire et le ponant

loire44.png
Loire-atlantique

 

dimanche 24 octobre 2010

Montvieux

Étienne Pellot dit « Montvieux », dit également « le Renard basque » est le dernier corsaire français connu. Certains de ses navires, notamment les Deux-Amis et Le Général Augereau, sont entrés dans la légende corsaire.

Et le renard reprend les passes
pavillon haut, cap au ponant,

la guerre de course, la route de chasse [1]
la mort peut-être, sont au tournant.

Montvieux n’est pas un grand loquace
un geste, un signe, c’est suffisant.
« que la bordée largue les voiles,
la barre en d’ssous, vers le couchant ».

« Les deux amis » ouvre un sillage
qui mènera ses combattants
loin des rivages de la Gascogne
sur les traces des navires marchands.

usant de ruse, et doué d’audace,
mousse à treize ans, grand commandant
Monsieur Etienne, le renard basque
vous fûtes un stratège étonnant.

au port d’Hendaye au pays basque
son souvenir est resté vivant
et les enfants fêtent son histoire
chaque année à la saint Vincent.

il fût un corsaire redoutable,
et le dernier des commandants
d’une guerre de course marquée d’audace,
et de prises serrées au vent

 

(1) Ce que les navires de la marine nationale, des affaires maritimes, ou des douanes appelle la ‘route de chasse’ est celle que les cargos appellent ‘route de collision’. Il s’agit en fait d’une route maintenant un gisement constant sur la cible jusqu’à interception.

mercredi 20 octobre 2010

Calicot jack

Rackham marchait sur le tillac
il naviguait toutes voiles au vent.
on l’appelait « Calicot jack »,
on l’appelait le flamboyant.

Il avait nom Jack Rackham,
un nom qui claque aux quatre vents
Pour un doublon, pour une femme,
il écuma les océans.

Il commanda aux caraîbes
une fameuse bande de mécréants.
Brigands qui se rêvaient pirates,
vivant pour l’or et pour le sang.

Pour un navire fuyant la rade,
un capitaine sans grand allant,
un équipage a pris les armes
et déposé son commandant.

Rackam élu pour son courage,
pour sa fougue et son talent
a accepté la lourde charge.
Il a choisi la vie au ban,

Le fuyard fut réduit,
abordé et même pillé
mais la marine n’est pas tendre avec les mutinés.

Vogue la galère, plus rien à faire,
ici le sort en est jeté,
ils deviendront pirates,
ce sera leur destinée.

 

Et sur les eaux des bahamas,
ont pris le vent au gré des flots,
de Freetown à Tarpum bay,
de Greencastle à Nassau.

 

Ils ont contruit leur légende
dans le sillage de leur bateau,
sous les ordres d’un homme étrange,
un homme vêtu de calicot.

lundi 18 octobre 2010

Les derniers feux de la vallée

Vers la mer descend la lande
Et les genêts et les rochers
Les galets roulent les galets claquent
Aux pas rapides du sabotier

Une dernière fois il se retourne
Cherchant au creux des grands fourrés
Une lueur, un bruit, un tronc qui craque
L’ombre discrète d’un châtaigner

Il va quitter sa terre,
Ses ajoncs et ses halliers,
Pour au delà des mers
Chercher d’autres vérités

Sur la rade un bateau danse
Une barque racle les goémons.
Promesses de jours qui chantent
Bien au delà de l’horizon

Le grand chapeau qui le recouvre
Bien sur son coeur il l’a posé
Adressant ainsi de muettes excuses
Aux derniers feux de la vallée

vendredi 17 septembre 2010

Tho pa ga

Sous le soleil la toile au vent
Il taille sa route le vieux brigand
Et dans l’écume, sur l’océan,
Garde le cap droit au ponant.

Une nuit de grêle et de tourments
Autour de lui sifflait le vent.
Cap au noroît le vieux gréement
Filait 9 noeuds sous voiles d’avant

Coup de tonnerre dans le carré,
Et l’eau qui monte sur les planchers.
Plus rien à faire pour le sauver,
Tout le bordé est enfoncé

Dans la nuit noire sombre et glacée
Deux femmes sept hommes hélitreuillés.
Un vieux navire abandonné
Une coque qui sombre, des coeurs serrés.

Cent milles au large de Tréoultré
Le Tho pa ga a bien sombré.
Au rendez-vous des grands voiliers
Le vieux gréement va nous a manqué

Le Tho pa ga est un schooner espagnol qui a sombré en se rendant aux manifestations de Brest 2008. Il a heurté un corps non identifié, sans doute un containeur, et a sombré en quelques dizaines de minutes. Il repose au fond de l’océan, par 108 mètres de fond, à plus de 100 milles au sud-ouest de penmarc’h

vendredi 17 juillet 2009

Allez cap'taine

Allez Captaine
fait pas ton fier
paye donc ton coup,
c’est pas souvent.

juste un p’tit verre,
une petite bière
en souvenir
du bon vieux temps

On a tous deux,
des nuits entières
subi le froid
dans nos cabans

et les doigts gourds,
sur nos visières
scruté la mer,
maudit le vent.

On a tiré
sur des aussières
à la manoeuvre
par tous les temps

ou main sur main
sur des filières
mouillé des nasses
sur les grands bancs

vie de matelot,
vie de misère
le dos brisé,
le froid, le vent.

j’ai pas voulu
suivre ces amers
j’ai pas comme toi
serré les dents

J’ai dérapé,
j’en suis pas fier
A Pontaniou
j’ai fait mon temps

je chauffe mes os
au grand soleil
J’ai connu l’ombre
bien trop longtemps

Mais toi mon vieux,
t’as l’air prospère
tu mènes ta barque
loin des brisants

t’es un notable,
d’allure altière,
un des messieurs
de l’armement

Alors Captaine
fait pas ton fier
paye moi un coup,
c’est pas souvent

juste un p’tit rhum,
une dernière bière
en souvenir
du mécréant.

 

mercredi 18 mars 2009

La bêche et le crayon

à René Guy Cadou, poète breton.

 

Il est de cette terre
de marais et de brumes,
ou le ciel et la pluie
se côtoient sans fin,

ou la tourbe asséchée
dans l’âtre se consume,
ou l’aigrette se pose
au soleil du matin.

Il hume par gourmandise
les matins qui embaument,
l’odeur des copeaux,
celle du goudron frais,
admire les coques des chalands
au dessus des chaumes,
écoutant les maillets
des calfats du marais.

Il avait fui la ville,
ses symboles et ses murs,
fait le choix du marais,
la mer des briérons.
De cette vie factice,
il n’en aura plus cure,
il vivra désormais
des fruits de sa passion.

Il eu au fond de lui
cette envie de nature,
avec au bout des doigts
comme un fourmillement,
Tenant contre son cœur
son carnet et sa plume
Serrant dans ses mains
sa bêche de paysan.

Il cru en son destin
en semant la pâture
et força le chemin
par le flot du crayon,
mariant par le verbe
l’essence des cultures,
maniant par passion
la bêche et le crayon.

dimanche 21 décembre 2008

Marie la cordelière

La Marie cordelière, ou Marie la Cordelière était un navire. Il a été construit sur une plage de Morlaix et baptisé de ce nom par La Duchesse Anne. Alors qu’une fête avait été donnée la veille et que les invités étaient encore présents, le capitaine Hervé de Portsmoguer appris que les anglais avaient mouillés la veille près de la pointe saint Mathieu. Il suivit l’ordre d’appareillage immédiat donné par l’amiral Jean Thenouënel, commandant la flotte bretonne, et ne pris pas le temps de débarquer ses invités. La flotte anglaise était très supérieure en nombre et la flotte bretonne préféra s’esquiver. Trois navires restèrent en arrière pour ralentir les poursuivants. L’un d’eux était la Marie-Cordelière. Engageant trois navires au combat ( le Sovereign, la Mary-James, et le régent) , et ployant sous le nombre, la cordelière finit par se jeter sur le régent, s’y arrima par les grappins d’aborgage, et se saborda par le feu, entrainant avec elle le régent. Deux milles marins sont morts dans ce sabordage, dont le capitaine de la Marie Cordelière, Hervé de Portzmoguer, surnommé « primauguet ». Plusieurs navires de la Marine nationale ont depuis relevé ce nom.

 

Tiens bien haut notre bannière
Oh ! Primauguet, Monsieur Hervé !
Qu’au vent claque la flamme de guerre,
Que l’anglais soit repoussé

Ah Marie, la cordelière
si tu pouvais nous raconter
Ce que fut la bataille dernière
Comment péri Monsieur hervé

refrain

Grande fête sur la dunette
gentes dames, beaux invités
Quand à bord claque la nouvelle
« A saint Mathieu, ils ont mouillés. »

refrain

Preux capitaine de Portzmoguer
donna sitôt l’ordre « à virer »
et cap au large, sus à l’anglais
ne fit descendre ses invités

refrain

Le Sovereign, la Mary-James
puis le Régent à aborder
Et un combat qu’on dit dantesque
qui par le feu s’est achevé.

refrain

A Marie la Cordelière
Le souvenir nous est resté
Pour préserver une flotte entière
Ce combat fut le dernier

dimanche 22 juin 2008

Le voyage d'une salambarde

Toue, gabare et gabarot
Mahon, chaland , ou même fûtreau
Sont fils du fleuve, et d’un drapeau
Saluent la belle au fil de l’eau.

Voici la courte et belle histoire
D’une sapine qui voulait croire
Qu’un grand destin lui échoyait.
Une rambette de Loire-Forez.

Elle naquit un cœur d’été
Des mains habiles d’un charpentier
Et des longs fûts de grands sapins
Furent assemblés dans cet écrin

Et dans ses cales et sur son dos
Furent chargés de lourds fardeaux,
Du charbon, des ballotins,
Des céramiques et de bons vins

De bois et planches est la sapine,
De haute loire s’en est allée,
Jusqu’au grand port ou la touline
Lui fut lancé sur le radier.

Elle qui croyait revoir le fleuve
Et par ses rives, le remonter
Dû sur le môle, ultime épreuve,
Offrir ses planches et ses bordés

Ainsi s’achève la triste histoire
D’une toue qui voulait croire
Que son destin pouvait changer,
Une salambarde de loire-forez.

 

mardi 8 janvier 2008

Rêve brisé

ou la dérive d’un marin à terre

 

Il portait casquette, le capitaine
marchait toujours en chaloupant
tirait des bords, buvait sa bière
saluait le flot et le jusant

Petit garçon à Saint-Brévin
Voyait sortir les batiments
Saint-Nazaire et ses bassins
Portait le rêve au firmament.

Bel officier au regard fier
S’imaginait en commandant,
Seul maître à bord sur sa passerelle,
Voguant sans fin vers le ponant.

Quatre mots sur un papier
Font basculer une destinée.
Quatre mots pour dire adieu
Et s’en aller vers d’autres lieux.

Un rêve brisé, un homme à terre,
Une vie qui n’a plus guére d’attrait.
Un peu de rhum, et trop de verres,
Et la douleur qui disparait

Il a finit au fond du port.
Pauvre marin et triste sort
Pour qui la vie fut de rallier
Sans cesse la banche au charpentier [1]

Ceux dont il a fait la fortune
Se cotisant pour l’évenement
Offrir, émus, pour épitaphe :
“les bistrotiers reconnaissants”

 

[1] La Banche et le Charpentier sont deux phares situés dans l’estuaire de la Loire, mais cela pourrait également être les noms de deux bistrots

dimanche 28 octobre 2007

A la pêche hauturière

Larguez le cul, pour le chalut.
Gare au danger, chalut croché

Nous avons mis de bon matin
Nos sacs à bord d’un bigouden
Les yeux embués, corps en sommeil
Pour les grands bancs, la mer, la veille.

Navires de bois, navires de fer
Tous armés en pêche haturière
Ne sont en fait que des moustiques
Osant pêcher en mer celtique

La mer est belle, on l’a chanté
Elle est cruelle, a fait pleuré.
De proches en proches sur nos rivages
Des monuments pour des naufrages.

Le cap au large dans les embruns,
Le bateau tremble, s’ébroue sans fin.
Matelots préparent les apparaux
Sous les ordres du vieux bosco

"Route pêche, garçon" a dit le vieux
"Sur dogger bank nous f’rons au mieux"
Et dans quinze jours si tout va bien
Ce s’ra "route terre" le bon refrain

Les cales pleines nous reviendrons,
Tout frais péché, du beau poisson.
Que nous vendrons à la criée,
Sur les quais de Saint-Guénolé.

Rester à terre, bien loin des ports,
Dormir au sec, c’est le confort.
Pourquoi partir, ré-embarquer ?
la vie est dure au grand métier.

Pour l’air du large au gout salé
Oiseaux de mer, mouette argentée.
Pour l’équipage et l’amitié
Les compagnons du grand métier

Pour l’océan, l’immensité ,
La brume marine, la houle croisée,
Un horizon illimité
Un sentiment de liberté.

jeudi 14 juin 2007

A Turennes pour embarquer

Julienne DAVID est née aux "Places", un lieu-dit de Saint-Mars-du-Desert vers 1773/1774. Elle s’engagea comme corsaire sous le nom de Jacques DAVID. Faite prisonnière, elle fut déportée sur un ponton-prison anglais. Au bout de 8 ans, un prisonnier ayant révèlé son sexe, ses geôliers la libérèrent. Revenue en France, elle exercea divers métiers sous le nom de "jacquot". Elle fut notamment jardinier, roulier, et garçon d’écurie. Elle est décédée le 26 janvier 1843. Une rue de Nantes porte son nom. 

Née à Saint-mars auprès de Nantes
Fille d’une terre d’arrière pays
Petite Julienne dès son enfance
Rêve déjà, désobéit

REFRAIN
Longues années dans les geôles anglaises
Longues années de petits métiers
Captain julienne de retour à Nantes,
Au quai Turennes veux réembarquer’’

Ne peut se voir en paysanne
Dans une vie déjà tracée
Mais aborder d’autres rivages
Courir les mers, se dépasser.

Une femme ne peut les armes prendre
Et embarquer pour guerroyer
Un autre nom et sans attendre
Pour "Jacques David" s’est décidé.

Embarque à Nantes à 17 ans
Pour combattre face à l’anglais
Sur une frégate, sur un corsaire
Qui à la course vient d’être armé

Ile feydeau, vaisseau de pierre
Tes quais ont bien changé
Duguay-Trouin ou bien Turennes
Sont maintenant de vertes allées.

Puisque sur l’herbe les bateaux poussent
Et qu’en rêve vient la marée.
Jacquot part avec le flot
Même les pêcheries peuvent appareiller

 

mardi 14 novembre 2006

C'est là le pays de Bretagne

Voyez près d’une mer sauvage
Nos écueils, nos grands rochers,
Que le vent, les vagues, ou l’orage
Frappent mais ne peuvent coucher

C’est là le pays de Bretagne,
Où l’on fila jadis le lin,
Au fond de la moindre campagne,
Pour la rançon de Du Guesclin.

C’est le pays des éclaircies,
Landes d’ajoncs et de rochers.
C’est un diamant serti,
Dans un dur granit incrusté.

Taiseux, durs à la peine,
Sont les hommes de ces contrées.
Marins de Sein ou de Molène
Artistes, paysans, ouvriers.

Celtes fiers de votre culture
D’une histoire parfois déniée
Vivez sans crainte le futur
Changez la vie, la société

Refusez la forfaiture,
Que rien de vous corrompt
Plutôt la mort que la souillure,
C’est la devise des Bretons.

 

Chanson inspirée de la poésie "Hommage à la Bretagne par un breton » écrite par Hippolyte Lucas. Le texte initial figure dans l'ouvrage « Annuaire de Bretagne, historique littéraire et scientifique  pour l'année 1897». Il est consultable sur le web dans les Archives internet, onglet Librairie américaine.

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