La bêche et le crayon

à René Guy Cadou, poète breton.

 

Il est de cette terre
de marais et de brumes,
ou le ciel et la pluie
se côtoient sans fin,

ou la tourbe asséchée
dans l’âtre se consume,
ou l’aigrette se pose
au soleil du matin.

Il hume par gourmandise
les matins qui embaument,
l’odeur des copeaux,
celle du goudron frais,
admire les coques des chalands
au dessus des chaumes,
écoutant les maillets
des calfats du marais.

Il avait fui la ville,
ses symboles et ses murs,
fait le choix du marais,
la mer des briérons.
De cette vie factice,
il n’en aura plus cure,
il vivra désormais
des fruits de sa passion.

Il eu au fond de lui
cette envie de nature,
avec au bout des doigts
comme un fourmillement,
Tenant contre son cœur
son carnet et sa plume
Serrant dans ses mains
sa bêche de paysan.

Il cru en son destin
en semant la pâture
et força le chemin
par le flot du crayon,
mariant par le verbe
l’essence des cultures,
maniant par passion
la bêche et le crayon.

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