Rêve brisé

ou la dérive d’un marin à terre

 

Il portait casquette, le capitaine
marchait toujours en chaloupant
tirait des bords, buvait sa bière
saluait le flot et le jusant

Petit garçon à Saint-Brévin
Voyait sortir les batiments
Saint-Nazaire et ses bassins
Portait le rêve au firmament.

Bel officier au regard fier
S’imaginait en commandant,
Seul maître à bord sur sa passerelle,
Voguant sans fin vers le ponant.

Quatre mots sur un papier
Font basculer une destinée.
Quatre mots pour dire adieu
Et s’en aller vers d’autres lieux.

Un rêve brisé, un homme à terre,
Une vie qui n’a plus guére d’attrait.
Un peu de rhum, et trop de verres,
Et la douleur qui disparait

Il a finit au fond du port.
Pauvre marin et triste sort
Pour qui la vie fut de rallier
Sans cesse la banche au charpentier [1]

Ceux dont il a fait la fortune
Se cotisant pour l’évenement
Offrir, émus, pour épitaphe :
“les bistrotiers reconnaissants”

 

[1] La Banche et le Charpentier sont deux phares situés dans l’estuaire de la Loire, mais cela pourrait également être les noms de deux bistrots

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